L’année 1944 est une année de forte croissance. 19 groupes aériens sont opérationnels au moment du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, et 35 à la fin de l’année.

 

1. Débarquement en Normandie à partir de l’Angleterre

Sept groupes sont impliqués pour le débarquement en Normandie :

  • Quatre de chasse (Cigognes, Berry, Alsace, île de France)
  • Deux de bombardement lourd sur Halifax (Guyenne et Tunisie)
  • Un de bombardement moyen (Lorraine)

 

GC 1/2 « cigognes » : Arrivé de Meknès, en février 1944, le groupe reçoit ses premiers appareils, des Spitfire Mk V prêtés par les groupes « Ile de France » et « Alsace ». Il est déclaré opérationnel en mars et est attaché à la « 2nd Tactical Air Force » en vue du débarquement. Autant dire que la chasse est terminée pour lui, les missions seront des missions d’appui-feu et d’attaques au sol. Le groupe effectue sa première mission en avril et manifeste une grande activité à partir du 6 juin. Son unique combat s’effectue, le 15 juillet, à l’Est de Paris. Le 19 août 1944, le groupe atterrit en France à Sommervieu, près des plages du débarquement.

GC 2/2 « Berry » : Le groupe est crée le 16 janvier 1944, près d’Alger, sous les ordres du commandant Accardo et est immédiatement embarqué pour l’Ecosse. En mars 1944, il reçoit ses Spitfires Vb et se trouve engagé au sein du « Wing 141 », sous la dénomination de Squadron 345, dans le cadre de la défense aérienne aux côtés d’unité belges, hollandaises et britanniques. Les pilotes ont peu l’occasion d’engager l’ennemi car ils sont surtout utilisés pour l’escorte de bombardiers et la couverture des plages de débarquement. A compter du 7 août, le groupe prend part à des escortes de bombardiers au-dessus de la Ruhr. Le groupe est alors intégré au « 2nd Tactical Air force » et gagne le continent où il est rattaché au « Wing 145 » en compagnie du GC1/2 « cigognes » et du GC 3/2 « Alsace ». Fin novembre, le « Wing 145 » s’installe près d’Anvers ou la vie est particulièrement pénible.

GC 3/2 « Alsace » : Le groupe perçoit, de nouveau, des Spitfires IX, en mars 1944, et s’entraînent avec les « Cigognes, l’Ile de France et le Berry » aux missions d’appui feu et d’attaque au sol. Le 6 juin, le groupe effectue une couverture aérienne au-dessus de Caen. Le 13 juin 1944, il se pose en France mais reçoit l’ordre de rentrer en Angleterre le soir même. Le 19 août, il s’installe à Sommervieu près de Bayeux. Les 2 dernières victoires du groupe sont remportées, le 28 septembre, au-dessus de Düsseldorf. Puis en octobre, le groupe est employé au nettoyage de poches allemandes à Breskens et dans l’île de Walcheren, en Hollande. En novembre, le groupe est installé à Deurne dans la banlieue d’Anvers, ville ou s’abat une pluie régulière de fusées V1 et V2. Le 10 décembre, un V2 détruit 12 avions. Quatre jours plus tard, une autre V2 explose dans le dispersal de Deurne et détruit 18 Spitfires. N’ayant plus d’avions, le groupe est envoyé au repos à Turnhouse.

GC 4/2 « île de France » : Le groupe reçoit ses premiers Spitfires IX en février 1944. Il est affecté à la 2nd Tactical Air Force, dans le cadre du débarquement en Normandie, et les pilotes s’entraînent au bombardement en piqué. Dès avril, l’ambiance est au grand jour et les missions d’escorte de bombardiers moyens au-dessus de la France s’enchaînent. Le jour du débarquement, quatre missions de couverture sont effectuées et le 13 juin des pilotes se posent enfin en France. Les missions se succèdent à un rythme élevé, : protection de bombardiers, attaques de sites de V1, mitraillage de convois…  Enfin le 19 août, le groupe s’installe en France. Début novembre, le groupe est renvoyé en Angleterre pour goûter un repos bien mérité et laisse son matériel au GC 2/2 « Berry » qui vient le remplacer.

GB 2/23 « Guyenne » et GB 1/25 « Tunisie » : Le GB 2/23 « Guyenne », répertorié squadron 346, est créée en mai 1944. Après 7 mois d’entraînement, le groupe fait mouvement à Elvington, près d’York, rejoignant sur la même base, le GB 1/25 « Tunisie », lui-même répertorié squadron 347. Les 2 groupes sont équipés de 40 Halifax, gros bombardiers quadrimoteurs. La base est entièrement française avec 2500 militaires. Les 2 groupes sont impliqués, dès le 2 juin, au soutien du débarquement, en effectuant 19 missions en bombardant des batteries côtières, des stations radio-radar, des gares et des voies de communication. Les 2 groupes participeront également à la bataille des armes secrètes et à la bataille d’Allemagne.

GB 1/20 « Lorraine » : Le groupe GB 1/20 « Lorraine », répertorié squadron 342, se concentre sur les voies ferrées, les gares de triage ainsi que quelques terrains d’aviation du nord de la France. Le 6 juin 1944, le groupe est assigné à déposer un rideau de fumée entre la flotte américaine de débarquement et la côte. Puis, pendant la bataille de Normandie qui va suivre, le groupe connaît une activité intense, effectuant 712 sorties, en appui de l’armée britannique de Montgomery. Il perd 7 avions et 22 membres d’équipage. En octobre, le groupe part à Vitry le François avec toute la Wing 137. Il sera activement impliqué aux opérations de bombardement des voies de communication, de concentrations de troupes particulièrement lors de l’offensive de Von Rundstedt dans les Ardennes en décembre 1944.

 

2. Réduction des effectifs au Moyen-Orient

Le GB 1/17 « Picardie » de Damas, se voit attribuée une 3ème escadrille équipée en AFN, d’abord en Vultee Vengeance puis en Douglas A24 (version terrestre du Dauntless). Elle est détachée en France, en juin 1944, pour être intégrée au Groupement « Patrie » (composée des GB 1/18 et 1/34) qui va combattre sur le front de l’Atlantique et devenir une des escadrilles du GB 1/18 « Vendée ». La RAF cède également 12 Martin Baltimore V pour rééquiper une des escadrilles au Levant, car les Blenheims sont à bout de souffle. La tâche principale du groupe se situe dans la surveillance, la cartographie et les liaisons.

Le GC 3/3 « Ardennes » n’est officiellement constitué qu’en janvier 1944. Il fait mouvement vers St Jean d’Acre sur la cote israélienne pour toucher ses Hurricanes IIC et assure des missions de protection des côtes palestiniennes en étant intégré au Wing 20 du 209th Group de la RAF. En mars, ayant reçu assez d’avions, une 2ème escadrille est constituée avec 6 Hurricanes. En avril 1944, le groupe fait mouvement, sans ses avions, en AFN et se retrouve, début mai, à Oran.

 

3. Pépinière de ressources en Afrique du Nord

Création du CIC à Meknès

Au 10 janvier 44, toute l’école de chasse de Marrakech, riche de 108 avions divers et variés (H75, D520, A24, MS230, NAA57, Stinson et Simoun) déménage à Meknès où elle trouve un terrain déjà bien équipé possédant 2 pistes suffisamment longues pour les chasseurs. L’école change de nom et devient le Centre d’Instruction de la Chasse (CIC). C’est également au mois de janvier, que le CIC récupère tous les D520 présents en AFN. Leur mise en service ne va pas sans poser de nombreux problèmes, notamment celui des pneus. En février 1944, une nouvelle escadrille est formée, la C4 particulièrement chargée des servitudes, de l’instruction PSV (Pilotage Sans Visibilité) et au vol de nuit. Elle reçoit initialement des D520. Le CIC fonctionne ainsi, jusqu’au mois de mars, avec ses vieux avions glanés çà et là et mis en état de vol par les prodiges quotidiens de la mécanique, basés bien souvent sur le fil à freiner ou la récupération de pièces dans les cimetières d’avions. Enfin, du matériel plus moderne arrive comme les Hurricanes, les P40, les P39, les P47 et les Spitfires Mk V.

Création du groupement « Patrie » pour aider les FFI

Avec le personnel et le matériel de l’école d’application du personnel navigant (EAPN) de Marrakech, il est décidé de créer en juillet 1944 une formation spécialement destinée à l’appui des troupes FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) qui se battent contre les forces allemandes dans le Sud-Ouest de la France. Un premier groupe (futur 1/18 Vendée) temporairement rattaché au GB 1/17 « Picardie » de Damas est équipé en Douglas A-24 Dauntless avec 16 équipages et un deuxième groupe (futur GB 1/34 « Béarn ») est équipé avec sept Douglas DB7 et six Glenn Martin 167. Le 18 août 1944, l’ensemble des 2 groupes (GB 1/18 et GB 1/34) est intégré au groupement « Patrie » dont le lieutenant-colonel Morlaix prend le commandement et le 27 août les 2 groupes arrivent à Toulouse-Francazal.

Création de deux groupes de chasse

GC 1/9 « Limousin » : Le groupe est créé à Meknès, en décembre 1944, sur P39

GC 2/9 « Auvergne » : Le groupe, dissous en novembre 1943, est recrée en septembre 1944 à La Reghaia. Douze P39Q arrivent en décembre et deux escadrilles sont constituées : la « 1 » dite des Jokers et la « 2 » dite Morietur. Tout en s’entraînant, le groupe effectue quelques missions « Coastal Command » dans la région d’Alger.

Renforcement de deux groupes de transport, futur pilier du transport en France

GT 1/15 « Touraine » : En janvier 1944, le groupe se déplace de Rabat à Médiouna (Casablanca) et reçoit l’appellation « Touraine ». L’activité est consacrée à l’entrainement sur « Link trainer » et aux missions de transport sur LeO et Bloch. Deux Cessna UC78 sont donnés au groupe pour l’entrainement au PSV et au vol de nuit. Dès la libération et devant l’ampleur des taches qui attendent les unités de transport chargées du rapatriement futur des prisonniers d’Allemagne, le groupe est réorganisé et rééquipé en Dakota C47. Le 15 décembre 1944, le groupe s’installe à Valence.  

GT 2/15 « Anjou » : A partir de janvier 1944, l’escadrille « Saumur » du GT 2/15 « Anjou » utilise quatre Vultee Vengeance pour des missions d’entraînement et de remorquage de cibles au profit des canonniers de DCA. Ces avions viennent compléter un parc d’avions, déjà hétéroclite, comprenant cinq Caudron C445 Goéland, un Caudron Simoun, un Lockheed Hudson et deux Amiot 143.  Après le débarquement allié en Normandie, des liaisons sont effectuées vers la France. A la fin de l’été, le groupe est en passe d’être réarmé avec du matériel américain. Le groupe doit voir l’arrivée prochaine de cinq Beechcraft C45 et de dix bombardiers B25 « Mitchell ». L’escadrille conserve provisoirement cinq goélands ainsi que ses deux Vultee Vengeance remorqueurs de cibles. Le 30 septembre, les équipages débutent sur place leur transformation sur Dakota C45, pendant que ceux destinés à voler sur B25 vont à Djedeida rejoindre une unité d’entrainement sur B265 Les appareils sont ensuite amenés à rejoindre Lyon et Paris.

Renaissance de l’Aéronautique Navale

C’est peu avant le débarquement de Normandie, après de longues négociations que l’US Navy accepte d’équiper et de former deux unités de la marine sur Douglas SBD Dauntless A-24, bombardier en piqué utilisé jusqu’alors dans le Pacifique. L’état-major choisit, pour ces deux formations, les appellations de 3FB et 4FB, flottilles dissoutes peu de temps auparavant. C’est la base d’Agadir, au Maroc, qui est choisie pour accueillir les deux flottilles. Les effectifs sont constitués par des anciens de l’aéronautique navale, de jeunes officiers de réserve ainsi que d’anciens des flottilles du porte-avions Béarn. D’autres personnels proviennent des escadrilles de chasse 1C et 2C, complétés par des hommes de la 3F récemment encore sur GM 167F. La formation se fait rapidement et les flottilles sont déclarées opérationnelles à la mi-septembre. Mais il manque l’essentiel : un théâtre de combat. Tout ceci tend à affecter le moral des équipages qui, après avoir manqué les deux débarquements, pensent arriver trop tard pour participer à quelques combats. Les deux flottilles sont affectées à des missions anti-sous-marines le long des côtes marocaines.

C’est en novembre, qu’arrive le changement radical : Décision d’utiliser les deux flottilles pour la réduction des poches de Royan. Elles quittent, donc, le giron de l’US Navy pour être placées sous le contrôle de l’USAAF. C’est, à la mi-novembre 1944, qu’est créé le « Groupe Occasionnel SBD » sous les ordres du capitaine de corvette Lainé. Celui-ci s’emploie à faire changer le nom peu guerrier du groupe qui devient alors Groupement d’Aéronautique Navale n° 2 (GAN2). L’unité est transférée, à la fin novembre 1944, à Cognac à bord de PBY « Catalina » des flottilles 6F et 8F du GAN1. Les deux flottilles, composées de 16 avions chacune, arrivent sur une base fortement éprouvée par les bombardements alliés et les destructions allemandes. Les opérations commencent dès le mois de décembre. Attaque de ponts, de bateaux, de troupes et de batterie de DCA se succèdent à cadence élevée. Les résultats sont bons et bien que la Flak se trouve très mordante, les équipages n’ont eu aucune perte.

L’escadrille 2S de la flottille 5FS participe à la lutte anti-sous-marine au sein de la MACAF avec un effectif moyen de huit Laté 298 en ligne jusqu’en novembre. Puis elle est transférée en France à Saint-Mandrier pour assurer la surveillance maritime du secteur Toulon-Marseille.

Les marins-pilotes de la 1ère flottille de chasse, désœuvrés depuis fin 1942 malgré de nombreux efforts de la Marine pour maintenir une activité, sont enfin répartis en mai 1944 dans 4 groupes de chasse de l’Armée de l’Air : GC 1/4, GC 3/6, GC 1/7 et GC 2/7.

 

4. Départ vers la Corse en vue du débarquement en Provence

Pour le débarquement en Provence (opération « Dragoon »), le 15 août 1944, 5000 avions alliés appartenant à la MAAF (Mediterranean Allied Air Force) sont impliqués dont 11 groupes français :

  • 6 de chasse (Provence, Corse, Nice, Navarre, Dauphiné, La Fayette)
  • 4 de bombardement moyen sur Marauder (Maroc, Bretagne, Gascogne, Franche-Comté)
  • 1 de reconnaissance stratégique (GR 2/33)

Les groupes font mouvement en Corse pour se rapprocher des côtes Françaises :

GC 2/3 « Dauphiné » : C’est le premier groupe français à être transformé sur Republic P47 « Thunderbolt » en avril 1944. Ce ne sont pas des avions de première jeunesse car ce sont des modèles « razorback », prélevés dans les unités américaines de la 12th Air Force, mais ils sont très appréciés par leurs pilotes pour leur robustesse, fiabilité et armement puissant. Rattaché à la 4ème escadre en juin, il effectue des missions d’appui feu précédant le débarquement de Provence et suit la progression de la 1ère armée De Lattre de Tassigny. Il s’installe le 8 septembre 1944 à Ambérieu.

GC 1/4 « Navarre » : Il se trouve équipé en Republic P47 « Thunderbolt », en juin 1944, en remplacement des P39 Airacobra et de ce fait passe du Coastal command au Tactical Command. Le groupe fait mouvement en Corse et appuie les troupes qui viennent de débarquer en Provence. Les missions se succèdent à une cadence effrénée. Le 7 septembre, le groupe fait mouvement vers St Raphaël puis le 8 vers Ambérieu.

GC 2/5 « La Fayette » : Le groupe effectue un mélange de missions pour le « Coastal Command », de campagne de tir et d’entraînement, de janvier à avril, en attendant l’arrivée progressive des P47D. La transformation sur P47 se déroule alors à cadence accélérée, en prévision du départ pour la Corse qui s’effectue le 1er mai 1944. Rattaché à la 4ème escadre, il intervient régulièrement au-dessus de l’Italie, en août, il appuie le débarquement de Provence et, en septembre, reprend ses missions dans la vallée du Pô.

GB 2/20 « Bretagne » : Renommé en groupe de bombardement moyen (GBM), le groupe est rattaché à la 31e escadre. Il s’installe à Villacidro en Sardaigne, le 15 mai 1944, et se trouve engagé dès le 24 du mois. Les premières missions conduisent les B26 dans la région de Rome, pour couper les voies de communication. Puis à partir de début août, les bombardiers s’intéressent aux installations allemandes de Toulouse à Sisteron et d’Avignon à Menton en prélude aux débarquements.

GB 1/19 « Gascogne » : Le groupe est reconstitué à Télergma en tant que GBM (groupe de bombardement moyen) et commence sa transformation sur B26 « marauder ». Basé en Sardaigne, à partir du 5 juin, il est affecté à la 31ème escadre de bombardement déjà formée et entreprend ses premières missions au-dessus de l’Italie puis au-dessus de la Provence en prélude aux débarquements.

GB 1/22 « Maroc » : Placé sous les ordres directs du Wing 42 de l’USAAF, il effectue sa première sortie opérationnelle le 29 mars 1944. Intégré à la 31ème escadre, il exécute un grand nombre de missions sur le Nord de l’Italie (golfe de Gênes), puis aux alentours de Rome. Il réalise sa première sortie au-dessus de la France occupée le 2 août.

GB 2/52 « Franche-Comté » : Intégré à la 34ème escadre, le groupe gagne Villacidro le 19 juillet. Il n’effectue sa première mission que le 3 aout.

GR 2/33 : Le groupe est équipé en Lightning F5, à partir de mars 1944, et est intégré dans la 23e « reco Wing ». Il a été transformé en Tunisie et basé à Tunis. Il s’installe en Sardaigne puis en Corse, en vue du débarquement. Les missions de reconnaissance stratégique sont particulières car les avions ne sont pas armés et seule la vitesse permet de se dégager. Les vols s’effectuent à plus de 10000 m et consistent à prendre des photos verticalement d’une très grande précision. Les vols durent de 4 à 7 h et se déroulent loin à l’intérieur des lignes ennemies (jusqu’à Lyon). Le 19 août, le groupe se pose à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, où une piste a été aménagée au milieu des vignes et se trouve ainsi la première unité française à se poser en France.

Le 31 juillet 1944, disparaît en mission de guerre l’écrivain aviateur, Antoine de Saint-Exupéry. Il décolla de Bastia pour un vol de reconnaissance à bord d’un F5B codé 233 et pour des raisons encore inconnues ne revient pas. L’épave de son avion a été retrouvé, en 2000, près de Marseille ainsi que sa gourmette, remontée dans les filets d’un pécheur marseillais en septembre 1998.

 

5. Regroupement des groupes d’Afrique dans le sud de la France

GC 1/5 « champagne » : Le groupe gagne Oran, le 7 janvier 1944, et commence à recevoir des P39Q. Il se déplace à Salon de Provence le 30 septembre.

GC 3/6 « Roussillon » : Il rejoint la France en septembre et s’installe à Istres. Les missions de Coastal command continue mais rapidement le groupe change d’affectation et passe au Tactical Command. Les pilotes exultent et vont enfin pouvoir se battre. De nombreux objectifs en Italie du nord font l’objet des soins du groupe. A la mi-novembre, le rééquipement de P39 en P47 a commencé et les pilotes vont chercher leurs nouvelles montures par petits détachements à Casablanca.

GC 3/3 « Ardennes » : Le groupe, en provenance du Moyen-Orient, gagne Bône les salines, en mai 1944 et est intégré au « Bône Fighter Command » aux côtés du GC 2/3 « Dauphiné ». Il y perçoit des P40 destinés à l’instruction des pilotes. Bien qu’il soit prévu d’être rapidement transformé sur P47, les retards de livraison et la nécessité de transformer d’autres groupes plus prioritaires contraignent l’état-major à laisser le groupe en l’état. En juin 1944, alors que le personnel technique n’a pas encore rallié Oran, le groupe est équipé de 14 Hurricane IIC, 13 P40 et un A24. Enfin, en août, le groupe perçoit 21 P39 en renfort. En septembre, le groupe part en France à Istres avec ses P47 et est rattaché à la 4e escadre de chasse.

Le GC 2/6 « Travail » : Le groupe est créé, grâce à une souscription nationale lancée à Alger, en mars 1944. Le groupe voit officiellement le jour le 1er août à la Reghaia et reçoit les P39N du 3/3 hérités eux-mêmes du 1/4. Les élèves pilotes sont formés par des instructeurs marins issus de la 1F. L’accord initial ne permet pas à ces marins de passer au Tactical Command. Les 2 escadrilles passent alors sur P39Q et traversent la méditerranée le 29 décembre pour rejoindre la 5ème escadre à Istres.

 

Résumé de la création et de la composition des escadres

  • La 1e escadre de chasse est créée, le 14 novembre 1943, avec les GC 1/7, GC 2/7, GC 1/3 sur Spitfire.
  • La 2e escadre de chasse n’existe pas pendant cette période. Elle sera créée en septembre 1945.
  • La 3e escadre de chasse est créée, le 1e janvier 1944, avec les GC 1/4, GC 3/6, GC 1/5 sur P39 « Airacobra ».
  • La 4e escadre de chasse est créée, le 12 mai 1944, avec les GC 2/3, GC 3/3, GC 2/5 sur P47 « Thunderbolt »
  • La 5e escadre de chasse est créée, le 1e avril 1945, avec le GC1/9, GC 2/9, GC 2/6 sur P39 « Airacobra ».
  • La 31e escadre de bombardement est créé, le 1e avril 1944, avec les GB 1/19, GB 2/20, GB 1/22 sur B26 « Marauder ».
  • La 34e escadre de bombardement est créé, le 1e juillet 1944, avec les GB 1/32, GB 2/52, GB 2/63 sur B26 « Marauder ».

 

6. Offensive alliée en Italie

La prise de Rome d’avril à juin 1944

A la veille de l’offensive que les alliés vont mener contre la ligne fortifiée allemande « Gustave » qui couvre Rome en avril 1944, 11 groupes des 1e et 3e escadre de chasse, de la 31e de bombardement et des formations de reconnaissance, sont prêts à entrer en action. Pendant que les bombardiers B26 Marauder s’emploient à bouleverser les lignes de communication de l’armée allemande en détruisant les ponts et les tunnels, les chasseurs s’attaquent aux convois à la bombe, au canon et à la fusée. De leur côté, les groupes de reconnaissance soutiennent l’avance du corps expéditionnaire du général Juin et contribue largement à la percée des lignes allemandes et à l’exploitation de la brèche ainsi crée jusqu’à la prise de Rome le 4 juin 1944.

 

La conquête du nord de l’Italie

Les Alliés tentent de forcer la ligne de défense « Gothique » par une attaque le 25 aout 1944. Rapidement les défenses orientales sont balayées, mais Kesselring réussit à ramener rapidement des renforts et à bloquer l’avance de la 8e armée britannique.

Une nouvelle attaque, le 8 septembre, permet d’atteindre la plaine de la Romagne. Les Alliés se retrouvent alors devant un labyrinthe de cours d’eau endigués, où chaque digue est formidablement défendue. Les pluies à partir du 20 septembre brisent net leur élan jusqu’au printemps suivant.

 

D’autres groupes de chasse s’installent en Corse pour intervenir en Italie

Les GC 2/5 « Lafayette », GC 2/3 « Dauphiné » et GC 3/3 « Ardennes » de la 4e escadre de chasse s’installent à Alto en Corse en mai-juin 1944 avec ses P47 pour être engagés dans la campagne d’Italie. De mai à août, ce seront d’incessantes missions de chasse-bombardement sur l’Italie avec entre autres une action très efficace sur l’ile d’Elbe.

Les GC 1/7 et CG 2/7 sont basés en Corse en juin. Ils préparent le débarquement de Provence et pendant quelques semaines vont effectuer des missions d’appui feu en Italie et d’escorte de convoi. Le 3 septembre la 1ère escadre quitte la Corse et s’installe à Istres le Vallon.

GC 1/3 « Corse » : Le groupe reçoit, le 7 janvier 1944, quelques Spitfires V neufs et effectue 248 sorties dont 171 pour escorter les B25 américains au-dessus des ports d’Italie. En mars, le nombre de sorties chute à 171, à cause de nombreux incidents, dus à l’encrassement des filtres et des radiateurs par des impuretés dans l’essence et dans l’eau. Cette série d’accidents provoque une réaction brutale des américains qui exigent la relève des mécaniciens français par du personnel britannique. L’incident sera aplani par l’intervention opportune du commandant Stelhin. Le 22 avril, le groupe s’installe à Borgo, au sud de Messine en Sicile, où il reçoit des Spitfires IX et même un PR IX pour des missions photo. Le groupe s’installe sur le continent le 3 septembre.

GB 1/32 « Bourgogne » : Le groupe souffre en utilisant ses Vultee Vengeance, à Meknès, qui consomme maintenant jusqu’à 60 litres d’huile par heure de vol. Ils sont interdits de vol le 11 mars. Il récupère des DB7 en provenance des GR 2/52 et GB 2/63 et les abandonne définitivement pour gagner Télergma (Algérie), en mai 1944, pour commencer sa transformation sur B26 Marauder. Rebaptisé GBM 1/32, il fait un court passage à Djedeida, en juillet, avant de rejoindre son terrain de campagne à Villacidro, en Sardaigne, où il est rattaché à la 34ème escadre.

GB 2/63 « Sénégal » : Le 21 avril 44, le groupe est transféré à Télergma, en Algérie, pour sa transformation sur B26. Devenu GBM 2/63, il prend ses quartiers à Châteaudun du Rhumel, le 6 juin. Après un court séjour à Oran, il est intégré à la 34ème escadre à Villacidro, en Sardaigne, le 25 août. Il exécute sa première sortie dans la vallée du Pô, le 9 septembre, avant d’être engagé dans l’appui des troupes françaises dans la région de Florence.

 

7. Dans le Sud-Est de la France

La 1e escadre de chasse passe à la 12e Tactical Air Force et se retrouve chargée du soutien de la 1e armée du général De Lattre, qui remonte vers le nord par la vallée du Rhône. Les nouveaux Spitfires IX commencent à arriver, remplaçant les vieux Spitfires V tropicaux qui n’en peuvent plus. Le 7 septembre 1944, l’escadre gagne Lyon et attaque les troupes allemandes en retraite au niveau de Dijon. Le 21 septembre, la base de Luxeuil est libérée et accueille les Spitfires. Les missions se passent, désormais, au-dessus du territoire ennemi. 7 victoires sont au palmarès de l’escadre. Après quelques jours de repli sur Nancy, à cause de la contre-attaque de Von Rundstedt, les avions retournent à Luxeuil puis gagnent Colmar, Strasbourg et Stuttgart.

A partir de novembre, la 4e escadre de chasse effectue des missions de reconnaissance et de bombardement, qui se succèdent à un rythme élevé au-dessus de l’Alsace, des Vosges et même sur la rive allemande du Rhin. Elle est basée successivement à Ambérieu, Lyon-Bron, Luxeuil, Dôle et Colmar.

 

8. Dans le sud-Ouest de la France

Remise en route des usines de la SNCASE

Après le débarquement allié en Provence, le 15 Aout 1944, le haut commandement Allemand ordonne l’évacuation de la région de Toulouse. Le Comité de Libération (CDL) de l’usine de construction d’avions « SNCASE » décide de reprendre le développement de nouveaux avions (SE161 « Languedoc ») et la production en cours de matériels allemands (début de montage de trois JU88, les 21 et 23 Aout).

Après la création du groupe de chasse « Doret » équipé de D520, le 19 Aout, puis d’un groupe de reconnaissance sur Fieseler « Storch », le commandant Dor étudie, avec la « SNCASE », la formation d’un groupe de bombardement sur Junkers JU88.

Un He 111 H6, en cours de révision, est trouvé sur l’aérodrome de Blagnac. Il ne sera remis en état de vol qu’en février 1945 : priorité étant donné aux JU88.

 

Création des Forces Aériennes de l’Atlantique

Les « Forces Aériennes de l’Atlantique » sont créées, en Novembre 1944, pour soutenir les forces françaises engagées dans l’Ouest de la France. Cette unité est commandée par le général Corniglion-Molinier.

L’unité réunit des éléments de multiple provenance. Ce sont au total 1400 hommes provenant des Forces aériennes françaises libres, des Forces françaises de l’intérieur, de l’armée d’Afrique, de la marine et de l’ancienne armée d’armistice. Ils sont dotés des matériels les plus disparates dont 10 types d’avions, anglais, allemands, américains, français…

Le général commandant les FAA exerce son autorité sur :

Le GB I/18 « Vendée » : équipé de Dauntless A-24,

Le GC II/18 « Saintonge »  : équipé de D 520 puis de Spitfire V (commandant Doret),

Le GB I/31 « Aunis »  : équipé de Junkers Ju 88 (commandant Dor),

Le GB II/34 « Béarn »  : équipé de quatre DB7, un Me110C, un mauboussin et 7 GM167F

Le GR III/33 « Périgord » : équipé d’avion Fieseler,

Les flottilles 3F et 4F : équipés de Dauntless A24 et basés à Cognac.

 

Le 18 août 1944, les deux groupes GB 1/18 et GB 1/34 sont intégrés au groupement « Patrie » dont le lieutenant-colonel Morlaix prend le commandement. Le 27 août, les 2 groupes arrivent à Toulouse-Francazal. Le 29 août 1944, un GM167F effectue la première mission du groupement « Patrie », une reconnaissance à la recherche des colonnes ennemies en fuite dont certaines sont repérées dans les faubourgs d’Angoulême. Puis le groupement conduit des liaisons entre les différents états-majors (Paris, Toulouse, Alger) et recherche de terrains mieux adaptés à des missions offensives. En octobre, l’ordre est donné d’équiper les A24, DB7 et les Glenn avec des lance-bombes pour bombarder les poches allemandes de Royan. En novembre, le groupement s’installe à Cognac puis à Bordeaux-Mérignac. Les bombardements commencent en décembre et se poursuivent jusqu’en avril 1945.

 

Réduction de la poche de Royan

Elles participent prioritairement à la conquête de la poche de Royandans laquelle sont retranchés les Allemands. Les avions des FAA effectuent d’abord des opérations d’observation aérienne, puis, à partir du 13 décembre 1944, des opérations de bombardement sur les fortifications du mur de l’Atlantique près de Royan et au Verdon-sur-Mer. Cette activité, du fait du manque de bombes destinés à percer des défenses bétonnées, ne provoque que des dommages superficiels sur les bunkers

Après le 14 avril 1945, les FAA sont renforcées par des avions américains, 260 B26et 48 P47. Dès lors, des vagues de bombardiers du « Bomber Command » britannique ainsi que de la « 8th Air Force » vont se succéder sur Royan et ses défenses fortifiées environnantes.

Les équipages utilisent des bombes au napalm dont l’efficacité sur les bunkers est limitée mais dont les explosions spectaculaires provoquent l’effroi parmi les troupes allemandes. C’est dans une ville presque totalement rasée par 7 000 tonnes de bombes que la garnison allemande se rend le 18 avril.

 

Châteauroux

A la libération de Châteauroux, le 19 août 1944, des résistants FFI investissent le terrain de la Martinerie, récemment déserté par la Luftwaffe et découvrent 5 avions réparables : un D520, un He 46, un Me 110C4, un JU88C et un He 111. A l’aide de mécaniciens de la « SNCAO », le D520 qui avait servi d’avion école dans la Luftwaffe est fin prêt le 27 août pour son premier vol. Malheureusement le pilote, qui l’essaye et qui n’avait pas volé depuis la défaite de 1940, fauche le train à l’atterrissage. L’He 46 vole le 17 septembre et sert à l’entraînement des pilotes qui n’avaient pas volé depuis de longs mois. Le Me 110 C4 est livré à Cognac et affecté au GR 3/33 en février 1945. Il sert de couverture photo lors des bombardements des poches de l’Atlantique.

Les travaux de remise en état des bâtiments de la base continuent si bien qu’il est décidé, en décembre 1944, d’y créer une école de pilotage. Le noyau de cette école est formé par les anciens FFI Air. Les Mauboussins et les MS 315 de cette école tournent dans le ciel de la ville jusqu’au printemps 1946, où l’école est fermée.

 

9. La 2e campagne de combats en Union Soviétique

A Toula, dans ses quartiers d’hiver, le groupe reçoit des Yak-9D à canon de 20 mm et des Yak-9T à canon de 37mm, qui feront des ravages contre les Me 109 et les Fw 190. En février 1944, de nouveaux renforts arrivent avec 40 pilotes qui permettent de monter deux escadrilles supplémentaires « Cherbourg » et « Caen ». Le 25 mai, les 60 Yaks quittent Toula pour Doubrovka, à l’Ouest de Smolensk. A la suite du franchissement du Niémen où le groupe se distingue une fois de plus, Staline fait du « Normandie » le régiment « Normandie-Niemen ». C’est à partir de ce moment, que l’insigne est modifié avec 2 flèches blanches au bas. Flèches qui se retrouvèrent le long du fuselage du nouveau Yak perçu le 13 août. En octobre, une énorme bataille de rupture augmente le score de 102 victoires pour une seule perte. Le 27 novembre 1944, le groupe s’installe pour ses quartiers d’hiver à Gross-Kalveitchen en Prusse orientale et touche un complément de dotation. Les permissionnaires en profitent pour partir en France.

 

10. Création du Transport Aérien Français

En janvier, de Marmier crée une ligne régulière Damas-Téhéran pour établir une liaison avec la mission militaire de Moscou et les pilotes Français du GC « Normandie », qui combattent sur le front de l’Est.

Les LAM cessent officiellement d’exister le 1er mars 1944, après la parution d’une ordonnance à Alger, réquisitionnant le personnel et le matériel des lignes aériennes civiles et les fusionnant avec les transports aériens militaires. Trois réseaux d’exploitation sont créés, centrés sur Alger, Damas et Dakar, sous le nom général de Transport Aérien Français (TAF). Le problème du matériel demeure toujours aussi criant, de vieux avions français Amiot 143, Farman 220, Potez 540 et Caudron « Goéland » sont encore utilisés pour transporter des munitions en provenance d’AOF.

 

Bibliographie : Voir 1945