Contexte historique

Les drones (/dron/, du mot anglais signifiant « faux bourdon ») sont des engins sans équipage dont le pilotage est automatique ou télécommandé, qu’ils soient volants, terrestres ou encore amphibies, à usage civil ou à celui des forces armées ou de sécurité — police, douane — d’un État. En fonction des capacités recherchées, leur masse varie de quelques grammes à plusieurs tonnes. Leur autonomie peut atteindre jusqu’à plusieurs dizaines d’heures (à comparer aux deux heures typiques d’autonomie d’un chasseur). Les drones peuvent le plus souvent retourner à leur base et sont réutilisables, à la différence des missiles de croisière, détruits en atteignant leur cible.

 

 

AAI CORPORATION  RQ-7B « Shadow »

Le Shadow 200 est un système léger de surveillance aérienne du champ de bataille, comprenant des drones, des systèmes modulaires d’observation, un poste de pilotage à distance, un équipement de lancement et de récupération des drones, et un module de transmission des données. Disposant d’une autonomie de 7 heures, il est transporté par 4 véhicules terrestres, dont deux postes de contrôle. Un système Shadow 200 comprend 3 drones RQ-7 Shadow opérationnels et un quatrième démonté, à disposition de la section de maintenance. Ce système conçu pour permettre au commandement de troupes terrestres de disposer de son propre équipement de reconnaissance diurne et nocturne, de surveillance du champ de bataille, de recherche de cibles et d’évaluation des pertes.

Le RQ-7A a fait ses débuts opérationnels au cours de l’invasion de l’Irak en 2003 et participe toujours aux opérations dans ce pays, bien que les conditions opérationnelles (chaleur, sable…) ne soient pas très favorables pour les drones. Malgré de nombreux problèmes de moteur, il semble apporter une grande satisfaction aux responsables militaires américains sur le terrain. Fin  l’US Army estimait ses besoins à 70 systèmes Shadow afin d’équiper chaque brigade envoyée en Irak ou en Afghanistan. 

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Maquette Academy au 1/35 réalisée par Laurent RAUDE

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BAe Systems « Mantis »

Le BAe Systems Mantis (mante) est un démonstrateur de drone de combat britannique des années 2000. Le Mantis doit posséder une endurance d’au moins 24 heures et être entièrement autonome, aussi bien pour le pilotage que pour les transmissions de données. Le dôme au-dessus du nez, qui rappelle un poste de pilotage, contient en réalité le système de communication avec les satellites. Il s’agit globalement de valider la théorie d’un drone de combat (UCAV, Unmanned Combat Air Vehicle) qui soit réutilisable, très endurant, capable de pénétrer loin dans les défenses adverses. Outre l’attaque au sol, il est capable de reconnaissance, de collecte de renseignement, de surveillance, d’acquisition de cibles. Il dispose de capteurs électro-optiques, infrarouges et de renseignement électronique, ainsi que d’un radar SAR.

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Le Mantis a effectué son vol inaugural le 21 octobre 2009 à Woomera, en Australie, 19 mois après les premières études. Il a atteint l’altitude de 16700 m. Un seul exemplaire a été construit. Les essais en vol au Royaume-Uni eurent lieu en 2013, après une interruption en 2010 par manque budgétaire. Les données collectées lors du programme « Mantis » servirent de base au Telemos, un projet de drone conçu en coopération entre BAe Systems et Dassault Aviation.

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Maquette au 1/72 réalisée par Alain COUROUGE

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GENERAL ATOMICS  « Gnat 750 »

Le Gnat lui, vola pour la première fois à l’été 1989. Lorsque Leading systems fut racheté par General Atomics, en 1991, 8 exemplaires avaient été construits. General Atomics reprit le Gnat à son compte. Celui-ci reprenait la configuration générale de l’Amber, mais avec une aile basse. Il était plus grand et emportait plus de charge utile. Il est motorisé par un moteur à pistons Rotax 582. Sa navigation se fait par GPS. Une tourelle sous le nez de l’appareil contient un FLIR, une caméra de jour et un appareil photographique pour les lumières basses. Il dispose d’un train tricycle, manifestement rétractable, et d’une dérive en V pointée vers le bas.

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Plusieurs GNAT-750 drones ont été déployés en Bosnie, la Croatie et l’Albanie pour surveiller des bases aériennes, les tranchées, des caches d’approvisionnement et les mouvements de troupes. Le succès dans cette région a été tempérée par la nécessité de relayer les données de l’UAV par un aéronef piloté – l’Schweitzer RG-8 – qui ne pouvait rester sur site que pendant environ deux heures à la fois. Bien que le RG-8 a une durée de vol de 8 heures, 6 était consacré pour se rendre sur zone et à prosimité du drone. Alors que le GNAT-750 a une autonomie de 24 à 30 heures, le relais d’avions piloté limite considérablement l’efficacité globale du système.

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Maquette au 1/72 réalisée par Alain COUROUGE

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GENERAL ATOMICS  MQ-9 « Reaper »

Le General Atomics MQ-9 Reaper (en anglais, reaper correspond ici à « faucheuse », l’allégorie de la Mort) est un drone de combat construit par General Atomics Aeronautical Systems pour l’United States Air Force. En , l’US Air Force signe un contrat avec General Atomics pour l’acquisition de deux Predator B-003 en vue d’évaluation. Le premier est livré en 2002 et reçoit le nom de Reaper.  Le MQ-9 dispose de six pylônes d’emport de charges. Les pylônes intérieurs peuvent emporter une charge de 680 kg chacun, les pylônes centraux 270 kg et les pylônes extérieurs 90 kg. Un MQ-9 avec deux réservoirs supplémentaires de 450 kg de carburant chacun et 450 kg d’armement peut voler 42 heures.

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Le MQ-9 Reaper est un drone MALE (moyenne altitude longue endurance) de dernière génération, au service de l’armée de l’Air et de l’Espace. Il est aujourd’hui exploité au standard Block 5 Extended Range (ER) depuis le 19 décembre 2024. Il dispose de capacités accrues en autonomie, armement, détection et connectivité. Stationné sur la base aérienne 709, il est mis en œuvre par la 33ᵉ escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque, notamment par l’escadron de drones 1/33 « Belfort ».

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Maquette au 1/72 réalisée par Alain COUROUGE

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NORTHROP GRUMMAN  MQ8B « Fire Scout »

Le MQ-8 Fire Scout est un drone hélicoptère complètement automatique construit par Northrop Grumman pour l’Armée américaine. À partir de , trois MQ-8 Fire Scout sont déployés au nord de l’Afghanistan pour des missions de reconnaissance.

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En décembre 2006, l’US Navy passa une commande pour 102 exemplaires de série. Les appareils de série sont dotés de deux pods sur des moignons de voilures destinés à la fois à l’emport de réservoirs de carburants annexes, ou encore de matériels de guerre électronique, voire même d’une arme de précision dérivée d’un fusil de précision de calibre 9mm. Les MQ-8B Fire Scout sont officiellement entrés en service en octobre 2007 et ont connu leur premier détachement opérationnel en Irak quelques semaines plus tard.

Maquette réalisée par Nicolas MICHELET

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NORTHROP GRUMMAN RQ-4 « Global Hawk »

Le RQ-4 Global Hawk est un drone de surveillance construit par Northrop Grumman (anciennement Ryan Aeronautical Company) pour l’US Air Force. Il effectue son premier vol expérimental le  et l’accréditation de la FAA en  l’autorise à survoler l’espace aérien américain. Il est un des rares représentants de la classe de drones dite des « HALE » (High Altitude Long Endurance).

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Un prototype du RQ-4 Global Hawk a été employé en conditions réelles lors de la guerre du Kosovo en 1999, dans des missions de reconnaissance. Lors de l’une de ces missions (sur 16 au total), un RQ-4 Global Hawk resta près de 32 heures en vol. Pour son second engagement, il a été largement utilisé lors de la guerre en Afghanistan.

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Maquette au 1/72 réalisée par Alain COUROUGE

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NORTHROP GRUMMAN  X47B 

Ce drone fait suite au Northrop Grumman X-47, qui faisait partie du projet Joint Unmanned Combat Air Systems qui devait fournir un drone militaire commun à l’US Navy et l’US Air Force. Quand ce projet a été arrêté, en 2006, l’US Navy a cherché à disposer d’un drone bien adapté à l’aéronavale.

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Les premiers essais en mer commencèrent le  sur le porte-avions USS Harry S. Truman basé sur la base navale de Norfolk, en Virginie. Il s’agissait de vérifier la compatibilité avec les aménagements du porte-avions : hangar, pont, communications. Le , à bord de l’USS George H. W. Bush en pleine mer, un X-47B réalisa le premier catapultage d’un drone depuis un porte-avions. Et le , après un décollage de la base de Patuxent River, un X-47B réalisa le premier appontage. Le , il est le premier drone à effectuer un ravitaillement en vol. En 2007, le coût du projet avait été évalué à 635 millions de dollars. En 2012, il a été réévalué à 813 millions de dollars et depuis à plus d’un milliard de dollars. Prévu en série en 2019, il n’est toujours pas disponible.

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Maquette réalisée par Alain COUROUGE

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RYAN FIREBEE

Le Ryan Firebee est une série de drones cibles développés par la Ryan Aeronautical Company à partir de 1951. C’était l’un des premiers drones à réaction, et reste l’un des drones cibles les plus largement utilisés.

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Maquette ICM au 1/48 réalisée par Stéphane HERVIER

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RYAN FIREBEE II « BQM-34A ou Q-2C »

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2ème génération de drone cible pour l’USAF. 1er vol en 1958 et construit en série en 1960 et équipé du réacreur Continental J69-T-29A de 770kgp , dérivé du Turboméca GOURDON , version amméliorée du Marboré

Maquette ICM au 1/48 réalisée par Stéphane HERVIER

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SHAHED 136

Le Shahed 136 est un drone d’attaque et de croisière low-tech et low-cost fabriquée par l’Iran. En 2022, son prix est évalué entre 20 000 dollars et 50 000 dollars. Il est utilisé au cours de la guerre civile yéménite, intensivement par la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, ou encore lors de la guerre d’Iran de 2026. Les drones utilisent un système de navigation et de positionnement par satellites (GNSS) et des systèmes de guidage inertiel pour attaquer selon des coordonnées géographiques spécifiques. Ils peuvent également être équipés d’un chercheur infrarouge d’imagerie (IIR) ou antiradar pour l’identification des cibles et la suppression des défenses aériennes. Cela signifie qu’ils sont efficaces seulement contre des cibles fixes présélectionnées

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À partir de , le Shahed 136 est utilisé en Ukraine par les forces russes dans le conflit russo-ukrainien. Il est produit plus tard par la Russie sous le nom de « Gueran-2 ». La structure, l’électronique et la charge militaire de la munition sont adaptées aux besoins de l’armée russe. Depuis qu’ils ont reçu ces drones et que leur usine en Russie est opérationnelle, plusieurs améliorations ont été apportées au Shahed ; on ne dispose que de peu d’informations et tous les Gueran-2 que la Russie utilise en Ukraine ne prennent pas forcement en compte ces améliorations.

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Maquette au 1/72 réalisée par Alain COUROUGE

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